Selon le National Eating Disorder Association, 20 million de femmes et 10 million d’hommes en Amérique auront un trouble alimentaire dans leur vie. On parle de 3,5% des femmes et 2% des hommes qui souffrent d’hyperphagie boulimique dans leur vie ce qui est près du double des troubles alimentaires de type anorexie ou boulimie. Pour plusieurs personnes qui souffrent d’une relation perturbée avec la nourriture et/ou avec leur corps, le temps des Fêtes peut être particulièrement difficile.

L’hyperphagie boulimique, c’est quoi?

L’hyperphagie boulimique est un trouble alimentaire qui se caractérise par des compulsions alimentaires sans méthodes compensatoires. En d’autres mots, la personne mange une grande quantité d’aliments et ressent un sentiment de perte de contrôle. Par la suite, elle peut ressentir de la honte, de la culpabilité et même du dégoût. Comparativement à d’autres troubles alimentaires, suite à la compulsion alimentaire, la personne n’a recours à aucun laxatif, ne se fera pas vomir et ne fera pas d’exercice physique à outrance. Ces crises alimentaires peuvent être une façon de geler des émotions ou sensations désagréables, d’où l’expression “manger ses émotions”.

Malgré qu’il y ait des critères spécifiques pour avoir un diagnostique d’hyperphagie boulimique, il faut savoir que diagnostique ou non, les personnes qui ont une relation perturbée avec la nourriture peuvent vivre une grande souffrance et de l’isolement. 

6 TRUCS POUR DES FÊTES ZEN

1. Ne faites pas l’erreur de ne pas manger de la journée pour vous garder de la place pour le festin du soir

Pour plusieurs, c’est presque devenu la normalité. On sait que la nourriture nous sortira par les oreilles le soir alors on ne mangera pas de la journée en prévision de la soirée. Le lendemain matin, la boucle reprend puisqu’on pense à tout ce qu’on a ingurgité la veille et on décide de compenser en sautant le déjeuner. Les soupers et les brunchs s’enchaînent et notre routine est bien débalancée! Mais pourquoi faut-il absolument éviter de sauter des repas?

  • Si vous sautez un ou plusieurs repas, votre corps sera rapidement affamé. Il vous enverra des signaux de plus en plus fort pour vous aviser, mais finira par lâcher prise. Un corps affamé est pourtant ce que vous voulez éviter, parce que lorsque vous êtes dans cet état, il est particulièrement difficile d’arrêter de manger lorsque vous n’avez plus faim. Quand vous croyez manquer de volonté au souper, vous vivez plutôt les contre-coups d’un corps affamé! Votre corps voudra faire des réserves en prévision d’une prochaine “famine”, car c’est ainsi qu’il perçoit la réalité. Il faut que ce soit clair, vous voulez garder votre corps calme et non pas en état d’alerte!
  • La meilleure solution est de manger aux 3 heures, à moins que vous reconnaissiez clairement vos signaux de faim et satiété. En mangeant 3 repas et 3 collations, vous nourrissez votre corps régulièrement et il ne sera pas affamé. Vous aurez ainsi une flèche de plus à votre arc lorsqu’arrivera le temps d’arrêter de manger des sucres à la crème en fin de soirée lorsque vous n’aurez plus faim!
  • Et oui, même si vous mangez trop un soir, ne sautez pas le repas suivant! C’est la seule façon de briser le cercle vicieux pour ne pas affamer votre corps!

 

2. Pratiquez l’alimentation intuitive

Un prochain article de blogue portera exactement sur ce sujet. La pratique de l’alimentation intuitive, ou pleine conscience alimentaire, est un outil essentiel pour cesser de trop manger en écoutant simplement son corps. Plusieurs croient qu’ils sont trop gourmands, qu’ils sont faits ainsi et qu’il n’y a rien d’autre à faire que de moins manger par la suite et “faire attention” à leur alimentation. Ce n’est pourtant pas la solution et même les plus gourmands peuvent être des mangeurs intuitifs!

 

3. Ayez un système de support en place

Ce peut être des spécialistes en troubles alimentaires (nutritionnistes, psychologues, thérapeutes, etc.) ou des proches. L’important c’est de savoir qui sont ces personnes clé dans votre entourage et dans votre démarche. Pour certains, la famille peut être un enjeu dans la relation perturbée avec la nourriture et le support d’un professionnel est conseillé. Vous devez savoir et surtout sentir que vous n’êtes pas seul!

 

4. Évitez les conversations négatives sur le poids

Le conseil général est d’éviter de parler négativement du poids ou de la nourriture pour mettre le focus ailleurs. Les commentaires du genre “le souper de ce soir s’en va tout dans mes cuisses” ou “lundi je vais reprendre le gym en force pour brûler tout ce que j’ai mangé durant les Fêtes”. Vous voyez le genre? Ces commentaires sont tellement fréquents et prennent souvent beaucoup de place dans les discussions, aussi normal que de parler de la météo! Pourquoi ne pas parler plutôt de ce qui vous passionne, de qui vous êtes, de vos rêves, de vos projets et en profiter pour en apprendre davantage sur vos proches?

 

5. Apprenez à surfer sur les vagues émotionnelles

Plus on explore son comportement alimentaire, plus on est conscient des émotions qui influencent ce qu’on mange et la quantité. Cela n’est pas toujours facile à observer seul et encore une fois, des spécialistes peuvent vous aider. Chez Muula, on aime voir les émotions comme des vagues. La vie est pleine de vagues et certaines sont plus grosses que d’autres. Pour mettre un trouble alimentaire comme l’hyperphagie derrière soi, il faut souvent apprendre à surfer sur les vagues émotionnelles. En d’autres mots, pour cesser de manger ses émotions, il faut apprendre à les vivre.

Tout dépendant où vous en êtes dans votre démarche, certaines vagues seront trop grosses et vous n’arriverez pas à surfer. Ce n’est pas un échec! C’est normal et ça fait partie du processus! Observez-vous durant les Fêtes, c’est une période souvent chargée en émotions! Gardez un calepin pour prendre des notes ou un endroit dans votre cellulaire si vous sentez que vous mangez trop pour geler une sensation désagréable! Ces prises de conscience constituent la première étape pour mettre ça derrière vous une bonne fois pour toutes!

 

6. Finalement, n’oubliez pas de prendre du temps pour vous! 

Faites une liste de choses que vous aimez faire pour vous, des choses qui vous font du bien mais que “vous n’avez jamais assez de temps pour les faire”. En passant, le temps est là mais c’est plutôt nous qui choisissons l’utilisation qu’on en fait et la priorité de nos activités! Durant le temps des Fêtes, prenez ce temps-là et qui sait, vous y prendrez peut-être goût! 😉

 

Si vous souffrez d’un trouble alimentaire et avez besoin d’aide, n’hésitez pas à nous contacter par courriel à info@muula.ca ou par téléphone au 1-866-888-3208.


Source : https://www.nationaleatingdisorders.org/