Il nous est tous déjà arrivé de se préoccuper de notre apparence physique à différents degrés. Combien de fois par jour jugez-vous votre corps? Vous arrive-t-il de vous regarder dans le miroir et de détester, vos bras, votre ventre? De vous lever le matin et de redouter le moment de vous habiller parce que vous trouvez vos hanches trop larges ou que vos bourrelets ne vous mettent pas en valeur? Tout ceci sont des exemples parmi tant de jugements en défaveur de notre corps. Lorsque l’on se préoccupe à ce point de sa physionomie, il se peut que l’on ait ce qu’on appelle la peur de la dysmorphie corporelle.

Qu’est-ce que la peur de la dysmorphie corporelle?

Il s’agit d’un trouble psychologique reconnu qui amène une personne à être excessivement préoccupée par un défaut physique imaginaire ou exagéré par rapport à la réalité. Souvent, la personne juge un aspect de son corps de manière très négative et démesurée, même si son entourage et ses proches tentent de la rassurer. Une femme qui trouve que ses oreilles sont décollées par exemple pourrait aller jusqu’à se dire : « Je suis laide, personne ne pourrait m’aimer à cause de cela ». Ces affirmations sont bien entendues exagérées. Logiquement, l’amour que l’on porte à une personne n’est pas basé sur son apparence, du moins je l’espère!  Vous n’avez qu’à penser à l’amour que vous éprouvez pour vos amis. Dépend-il de leur apparence physique? J’ose en douter!

Les impacts

La peur de la dysmorphie corporelle peut engendrer un tel mal-être que les personnes qui en souffrent ne veulent plus sortir. Certaines n’auront plus envie d’aller à l’école, de sortir de la maison sans se maquiller, etc. Elles vivront un isolement social parfois même important. La peur de la dysmorphie corporelle est une obsession qui génère beaucoup de négativité dans la vie quotidienne des gens qui en souffrent. Ces derniers vivent énormément d’anxiété face à ce qui les perturbe, c’est-à-dire leur « défaut », qu’il soit imaginé ou perceptible. Mais comment arriver à se sentir mieux? Comment passer par-dessus ce qui nous perturbe tant?

Les traitements

Les personnes souffrant de la peur de la dysmorphie corporelle ont parfois le réflexe de vouloir se tourner vers la chirurgie esthétique, dépendamment de leur condition. Cette méthode transforme le côté physique et ainsi rend un peu de paix à la personne concernée. Cependant, la tendance de cette dernière au jugement excessif corporel demeure. L’anxiété est toujours présente et le problème est loin d’être réglé à la source. La chirurgie est donc comme le pansement sur la blessure : elle couvre, mais ne guérit pas. J’ai moi-même eu recours à la chirurgie esthétique et j’ai vite réalisé que ça ne réglait rien, que je n’arriverais jamais à changer tout ce que je n’aimais pas de mon corps sans faire face au vrai enjeu : mon corps était le reflet de mon mal-être intérieur. C’est là que je suis allée chercher de l’aide!

Le traitement pour soigner la peur de la dysmorphie corporelle est généralement la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Cependant, celle-ci commence tranquillement à se faire remplacer par la thérapie basée sur les interférences (TBI) et la pleine conscience. Pour faire simple, la TBI aide les gens à élaborer une nouvelle histoire sur eux-mêmes, se basant sur les sens et la réalité. Cela aide à mettre fin à l’ancienne histoire, plutôt basée sur un doute obsessionnel provenant d’un souvenir ou de l’imaginaire. La pleine conscience quant à elle encourage une attitude où sont rois le détachement et le non-jugement en lien avec ses pensées et émotions.

Avez-vous la peur de la dysmorphie corporelle?

Lorsque cette préoccupation devient un élément central de sa vie, il vaut peut-être le courage de se poser quelques questions.  Il existe une liste de questions qui a été développée par La Body Dysmorphic Disorder Clinic du Massachusetts General Hospital pour aider au dépistage de la PDC :

  • Votre apparence vous préoccupe-t-elle beaucoup?
  • Croyez-vous que des parties de votre corps sont particulièrement laides?
  • Passez-vous beaucoup de temps à songer à vos imperfections? Au moins une heure par jour?
  • Vos préoccupations au sujet de votre apparence interfèrent-elles avec votre vie professionnelle ou sociale?
  • Vous arrive-t-il de vérifier votre apparence à plusieurs reprises dans le miroir ou de tout faire pour éviter les miroirs?
  • Demandez-vous souvent à d’autres personnes de vous rassurer quant à votre apparence?
  • Dépensez-vous beaucoup d’argent pour acheter du maquillage, des cosmétiques, etc. pour cacher vos imperfections?
  • Comparez-vous souvent votre apparence à celle d’autres personnes?
  • Vous tripotez-vous la peau?
  • Avez-vous eu recours à la chirurgie esthétique à plusieurs reprises?

Ce n’est pas facile d’avoir suffisamment de recul pour réaliser qu’on ne perçoit pas notre corps comme la réalité! On croit que c’est normal d’agir ainsi et que notre image de nous-même est réelle! Ça prend énormément de courage et d’humilité pour se poser ces questions et prendre les dispositions nécessaires pour régler ce problème.

Même si on ne se souffre pas en tant que telle de la peur de la dysmorphie corporelle de manière évidente, on peut quand même faire quelque chose pour soi. Premièrement, se souvenir que les jugements que l’on porte à son égard ne sont que des pensées, ils ne sont pas la réalité. Deuxièmement, accepter que ces pensées soient présentes ou même ce défaut, qu’il soit réel ou non, est une étape important pour mener vers… l’Amour de soi. Prenez-soin de vous!


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