La peur de grossir et les troubles alimentaires

Notre société industrialisée a peur de vieillir et de mourir, mais a aussi énormément peur de grossir. C’est un fait. De nombreuses femmes se soumettent à une alimentation contrôlée et restreinte dans le but de maigrir. Malheureusement, ce comportement conduit souvent à l’apparition de troubles alimentaires tels que l’anorexie, la boulimie, l’hyperphagie ou tout autre trouble alimentaire non spécifié. Il est très fréquent qu’une insatisfaction corporelle mène à des comportements alimentaires perturbés. Parfois, il suffit d’avoir une faible estime de soi et de commencer un premier régime pour développer des comportements alimentaires problématiques. C’est toutefois assez insidieux, car on croit que de contrôler son poids et son alimentation est simplement normal. Mais c’est tout faux!

La peur de grossir : une prison

Le poids peut rapidement devenir une source de stress quotidienne. Votre peur de grossir peut s’activer facilement! Chaque miroir, regard, émission télévisée, passage dans une cabine d’essayage, jeans trop serré, ou encore un repas où l’on pense avoir mal mangé peuvent déclencher une angoisse, de la honte et de la culpabilité. Toutes ces occasions où l’on se sent  « trop grosse » nous déstabilisent et entraînent des émotions douloureuses. Le rapport à la nourriture peut alors devenir dramatique : comment répondre à sa faim, son envie de manger, alors qu’il nous faut maigrir de toute urgence? Bref, on ne sait plus comment s’alimenter et on évite les sorties au restaurant, les fêtes et les voyages…

Qu’est-ce qui se cache derrière cette peur de grossir?

Derrière cette peur de prendre du poids se cache surtout la peur des possibles conséquences pour soi : si je suis grosse, je serai rejetée, je ne serai plus aimée, je ne pourrai pas séduire, je vais rater ma vie, je serai jugée, je serai abandonnée… Souvent, ce qui se cache derrière la peur de grossir est tout simplement la peur de ne pas être aimé pour qui l’on est. Le poids n’y est souvent pour rien! Parce que même si vous perdez du poids, ces peurs seront toujours présentes. C’est un cercle vicieux et c’est pour cette raison que nous préconisons le travail des enjeux à la source, à l’intérieur de soi.

Vouloir changer son corps à tout prix afin d’être admirée, acceptée et être en santé devient la norme et en se battant contre son corps, on a l’impression d’avoir de la volonté et de prendre soin de soi. Bref, on se valorise de cette façon, on reste coincée dans l’engrenage et on n’est pas heureuse… 

La peur de grossir : c’est précisément ce qui fait prendre du poids

Oui c’est paradoxal, mais laissez-moi l’expliquer. Lorsqu’on a peur de grossir, on se met généralement à contrôler son alimentation, comme si le problème et la solution étaient là. Il est donc possible que vous sautiez des repas ou que vous supprimiez certains aliments qui deviendront toujours plus désirables comme ils sont interdits. Résultat : un soir en rentrant du travail, vous craquez et vous vous jetez sur tout ce qui est défendu en en consommant des quantités très importantes.

Et si votre peur de grossir ou de ne pas maigrir ne faisait que déboucher sur des excès alimentaires? On s’impose des interdits, on se donne des objectifs inatteignables et on perd le contrôle. 

La solution pour sortir de ce cercle vicieux est de tordre le cou à certaines idées reçues, faire la paix avec la nourriture et développer la compassion pour soi. En réalité, les haricots verts ne font pas maigrir et le chocolat, les frites et les pâtisseries ne font pas grossir… Mais ceci fera l’objet d’un autre blogue, car je sais que c’est difficile à avaler! Chaque aliment joue un rôle différent sur le corps et la santé passe sans aucun doute par la variété alimentaire.

Rebâtir l’estime de soi par la compassion

Moins on s’aime, plus on se console en mangeant et plus les kilos s’accumulent, moins on s’aime. Une chose est certaine, la satisfaction d’avoir réussi à perdre quelques kilos ne va qu’améliorer l’estime de soi de façon temporaire. Afin d’améliorer son estime de soi, il s’avère nécessaire de prendre conscience de sa richesse intérieure en la développant et ainsi réduire efficacement le besoin de se remplir de nourriture. Ceci demande de travailler sur soi sur du long terme, de façon rigoureuse et profonde. Cela vous permettra éventuellement de vous libérer de votre relation malsaine avec la nourriture et votre corps.

Chose certaine, il est possible de trouver un équilibre et d’apprendre à se plaire. Aimer son corps et manger sans cette crainte permanente de grossir dès que l’on avale un aliment est le plus beau cadeau que l’on puisse se faire!